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Les animations

 
L’aubade

Dans la nuit, très tard, il y avait eu les aubades du Comité, l’orchestre réduit avait circulé sous les fenêtres des Vièloises et des Vièlois :

« En l’honneur de Lucie et Jean Clément ou en l’honneur de Mademoiselle Roselyne Campredon... »

Alors l’orchestre esquissait un air à la mode et la petite troupe allait plus loin : 

« en l’honneur de …. »

Tous les habitants du quartier avait droit à leur sérénade. Ensuite la musique s’estompait peu à peu, laissant les dormeurs à leurs rêves.

 

Le banquet

Après la pétanque du matin et l’apéro de midi les membres du Comité installaient des tables et prenaient le repas au milieu de la piste de bal, sans tenir compte de la circulation des automobiles. Elles étaient fort rares d’ailleurs. Si une voiture de touristes se perdait dans les rues étroites de Vièle, il fallait déplacer les longues tables en maugréant : 

« Dé qu’es aquel emmerdaïre, pou pa anar a pié !» (Quel est cet emmerdeur, il ne peut pas aller à pied !)

Les convives avaient apporté de quoi se sustenter : charcuterie, viandes froides, escargots, salades diverses, tomates, concombres, « courals » (poivrons frais), desserts et fruits à foison, melons d’eau, raisins chasselas ou muscats, sans oublier les vins du cru qui coulaient à flot. C’était un banquet que Bacchus n’aurait pas désavoué. Ceux qui avaient encore bonne vue, pouvaient voir au dessus des tablées, voleter les Elfes et les petits « Anges Bouffarels » (joufflus) attirés par ce charmant remue-ménage.

 

 

Le radio crochet

L’animation était laissé à l’inspiration de l’orchestre, des membres du Comité ou des participants. Le lundi soir, dernier jour de fête, était réservé au radio crochet. Qui, savait une chanson, un sketch, une blague pouvait se produire sur l’estrade ou sur la piste.

Les spectateurs se souviendront longtemps de Rober Bouchité qui nous chantait immanquablement « Elle s’appelait Hortense, il s’appelait Timoléon… » de Blaise, le vendeur de cacahouètes interprétant une « danse » du ventre endiablée : « Raza lou pezef sidi j’men fou » ramenée de la Coloniale, De Zoël Daudé racontant les mésaventures de son copain Endolfi déguisé en lion de cirque pour gagner quatre sous et qui se retrouve dans une cage avec un autre lion « Pitié, yé les zenfants à la messon » dit-il au lion, et l’autre lui répondant :  « espèce de couillon moi aussi je suis déguisé ! »

Des scouts de passage chantant en chœur : « y avait dans mon village un homme qui avait des poux, Barbapoux ». Plus sérieusement, le Bel Canto avait aussi son heure de gloire, Monsieur Marcou, ténor nous interprétait : « La Chanson des Blés d’Or ». Le succès était garanti et les applaudissements nourris, tout cela, sans prétention, improvisé, sans ronchonnement et dans l’enthousiasme.

 

Le bal

Peu avant l’entracte, pour attiser la soif, l’orchestre jouait des pots-pourris d’airs qui allaient s’accélérant, des slows aux tangos, des paso-doble aux cha-cha-cha sans oublier, polkas, mazurkas,  scottish…

Les spectateurs ne pourront jamais oublier le Père Dufour, garde champêtre, arrivant au milieu de la piste, en chemise de nuit et ombrelle à fleurs interprétant une matelote endiablée : « Ah ! Les petits pois, les petits pois pois pois… » Suivie bientôt par toute une farandole autour de la place, qui zigzaguait entre les tables, parcourant tous les recoins de la fête avec une fabuleuse énergie de comète.

Puis de retour sur la piste afin de reprendre son souffle on dansait : 

« Il y avait dans mon château une bouteille de Pernod… »

Ou 

« Elle a cassé la balei-eine de son-on corsage

Il a cassé la balei-ne de son parapluie

Elle a cassé son parapluie tans pis pour elle

Il a cassé son parapluie tant pis pour lui… »

Pour les plus sportifs venait ensuite « La Rapsa », une musique d’origine mexicaine.

Pour ceux qui n’étaient pas épuisés et pour les costauds : « la bombe à Bikini » où on faisait sauter très haut sa (son) partenaire en la (le) tenant par la taille. Mauvais présage pour un monde et un temps où désormais on rigolerait moins.

Après cet exercice réchauffant, il fallait vite aller se désaltérer d’anis au comptoir.

Les familles, les amis rajoutaient des chaises autour des tables où ils dégustaient, en devisant longuement, du muscat ou du vin pétillant, les enfants préférant le sirop de menthe ou de grenadine distribué gratuitement…

Fête de Vièle à Quissac
La fête de Vièle

 

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