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L’atmosphère

De bon matin c’était le bruissement des drapeaux de papier, dans le souffle de la brise, qui vous réveillait doucement, mélangé aux cui-cui des moineaux. Dans la rue, les seaux d’eau jetés à la volée et le frottement des « escoubes » annonçaient le grand nettoyage du matin. La gazette des balayeuses vous tenait au courant des évènements nocturnes. Guère plus tard le claquement des boules de pétanque trahissait l’arrivée des joueurs. Par les trous des volets, les jeux de lumière projetaient au plafond blanc, à l’envers, les images mouvantes de la rue, le passage des gens, la tête en bas, comme un film sur un écran panoramique. Il n’était plus question de flemmarder au lit ; Vite il fallait se rendre sur le Plan, où l’on percevait clairement le brouhaha d’une activité déjà fébrile : répétition d’orchestre, bruit de chaises pliées, verres et carafes entrechoquées. Cette place était pendant trois jours pleins, le nouveau centre du Monde, d’où ni personne, ni aucun évènement n’aurait  pu nous déloger. Alors un orchestre réduit à un tambour et un saxophone, se mettait en mouvement pour la tournée des « fougasses ». Les musiciens, les jeunes du Comité, munis de baluchons de draps remplis de gâteaux ronds, des enfants suiveurs, formaient un cortège animé à travers les rues de Vièle.